Myamoto Musashi

Posté par anstama le 13 décembre 2007

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Présentation :

Célèbre samouraï expert au combat du sabre, Miyamoto Musashi est l’un des plus important Kenshi (grand maître de ken-jutsu) que le Japon ait connu et dont les exploits ont inspiré de nombreux récits. Il est l’archétype du héros médiéval nippon. Né en 1584 dans la province de Harima, il était le second fils de Munisai Shinmen, lui-même expert au sabre, qui le laissa orphelin à l’age de 7 ans (tué lors d’un duel). Elevé par son oncle dans un monastère, Musashi mit ce séjour forcé à profit pour s’entraîner au sabre et gagna son premier duel à l’âge de 13 ans contre Arima Yoshibe. A 17 ans, il participa sous la bannière de Toyotomi Hideyoshi à la bataille de Sekigahara en 1600, pendant laquelle il fut gravement blessé. A partir de 1604, on le retrouva à Kyoto où il défia et vaincu Yoshioka Seijuro, important expert du sabre, ainsi que nombres membres de son clan. Invaincu dans plus de 60 duels, il affronta pour la dernière fois le célèbre bretteur Sasaki Kojiro du clan Mori, réputé pour son sabre long (O-dachi). Tuant son adversaire à l’aide d’une simple rame en bois selon la légende, Musashi ne se battit plus jamais. A partir des années 1630, il se consacra entièrement à l’étude de la Voie (Do), tout en pratiquant la calligraphie et la peinture, arts dans lesquels il excellait. Il devient Kensei de son vivant (saint au sabre). En 1637, il rentra au service de ses anciens adversaires les Tokugawa et combattit pour eux les révoltés chrétiens de Shimabara. On le vit ensuite chargé du commandement d’un corps de réserve par Ogasawara, seigneur de Kokura, lors du siège du château de Hara en 1638. A cette époque, il adopte deux enfants: Iori et Mikinosuke. Ce dernier se fait seppuku des années plus tard. Il devint instructeur en 1640 de la puissante famille Hosokawa de Kumamoto. En 1643, il se retira dans la grotte Reigendo (temple de Ungan-ji) du Mont Iwato, à l’Est de Kumamoto. C’est là qu’il rédigera quelques semaines avant sa mort en 1645 le texte « Gorin no Sho » (traité des cinq roues), qui est devenu un classique de la littérature concernant les arts martiaux. Il mourut à l’age de 62 ans et fut, selon sa volonté, enterré revêtu de son armure.

Détails Physiques :

Le garçon a contracté très jeune de l’eczéma qui lui a laissé sur le visage de grandes cicatrices qu’il a gardé toute sa vie durant. Pour cette raison, il ne ressemble pas aux autres samouraïs de son époque. En conséquence, il n’a jamais rasé ses cheveux, ni arboré la coiffure des samouraïs : le toupet. Miyamoto Musashi était un géant pour son époque. Il mesurait près de 1m84 (environ 6 pieds) alors que ses collègues japonais atteignaient en moyenne 1m53 (5 pieds). On dit qu’il lui était possible d’atteindre des hauteurs de 1m80 rien qu’en sautant.

On raconte que Musashi ne prit aucun bain dans sa vie. Il se lavait dans l’eau glacée des torrents afin de travailler son mental.

LA VOIE DU SABRE

Combats :

Lorsque Musashi retourna à son village, il ne fut pas accueillit en héros. Les anciens du village le considéraient comme étant incontrôlable et il dut partir. Il se retrouva finalement captif au château de Hejime où il apprit la voie des guerriers. Après un long apprentissage, Musashi se fit offrir un poste important auprès d’un daimyo (seigneur d’une région plus ou moins grande). Il refusa avec courtoisie, préférant devenir un Guerrier en quête de l’Illumination (musha shugyo).

La Famille Yoshioka

Il partit donc vers Kyoto, qui était la capitale à l’époque. Désireux de vouloir tester ses capacités de combattant, il défia en 1604 l’une des écoles les plus renommées ; celle de la famille Yoshioka, dont le fondateur était semble-t-il un duelliste de renom. Le premier qui releva le défi lancé par Musashi fut celui qui était à la tête de la famille Yoshioka, Seijiro. Ce dernier était armé d’une vraie épée alors que Musashi était armé d’un bokken, un sabre de bois. Le combat ne dura que peu de temps. Seijiro perdit son bras dans le duel et mourut. Cela lui attira la haine du clan Yoshioka. Le deuxième duel, eut lieu contre Denshichiro, le frère de Seijiro. Le combat fut, encore une fois, bref. Musashi brisa le crâne de Denshichiro le temps d’un battement de cils…

Ces derniers, excédés par l’attitude de Musashi, le provoquent une troisième fois en duel contre Matashihiro, encore un enfant, en prenant soin de lui tendre un piège auquel il ne pourra échapper. Mais une fois n’est pas coutume, Musashi est arrivé en avance. Il a eu le temps de voir la lâcheté des Yoshioka en action et les attaque finalement. Matashihiro meurt et Musashi échappe aux 80 samouraïs qui l’attendaient en embuscade, tuant une douzaine de membres du clan. Ce fut le fameux « combat d’Ichijoji ».

Il reprit alors la route, remportant défi sur défi, invaincu dans plus de 60 duels.

Muso Gonnosuke

L’histoire nous apporte différentes versions de la rencontre entre Musashi et Muso Gonnosuke. Ayant rencontré Musashi et vaincu par lui une première fois en 1605 dans la province de Harima à Akashi., ce dernier estima que le traditionnel bâton de 1m80 ne pouvait atteindre une vitesse suffisante contre un sabre. Se retirant sur le Mont Honman (dans le Kyushu), il ramena la longueur du bâton à 1m30 après quelques expériences mystiques. Il combina le maniement de ce nouveau bâton (Jo) avec ce qu’il connaissait déjà de ceux de la lance, du sabre et de la Naginata. La légende rapporte que lorsqu’il rencontra pour la deuxième fois Musashi, la longueur du Jo, même paré, lui permit d’atteindre un point faible sur le corps de l’épéiste adverse au niveau du plexus solaire. Gonnosuke est parvenu à défaire Musashi sans lui causer de grand mal. Mais ce fut la seule défaite encaissée par Musashi et cela à cause d’une nouvelle technique de Jo-Jutsu.

Sasaki Kojiro

En avril 1612, Musashi rencontre le fameux Sasaki Kojiro, du clan Mori, réputé pour son fameux sabre long (O-dachi). Il l’affronte sur l’île de Mukojima en utilisant un simple bout de bois ou une rame (selon les versions). Le duel a lieu sur la plage. Un seul coup porté à la tête de Kojiro et celui-ci est étendu sur le sable, vaincu par l’allonge inhabituelle de l’arme. Il existe de nombreuses autres versions de ce combat disant que Musashi avait perdu ou bien que Musashi n’était qu’un lâche etc.

Sa Technique :

Musashi ne suivit jamais l’enseignement d’une école de kenjutsu particulière. Ayant certainement profité du talent de son père, puis de l’enseignement du monastère, il a principalement acquis seul ses techniques de combat, prenant plus tard le statut de musha-shugyo (« la quête du guerrier », forme d’apprentissage des arts guerriers qui consistait à aller de maître en maître, d’école en école pour apprendre et confronter sa technique aux sources les plus multiples). Musashi expérimenta beaucoup et fit évidemment sa propre synthèse technique. Il créa un style de combat à deux sabres (katana et wakisashi) nommé nito-ryu, puis niten-ryu, qu’il utilisa notament lors du combat d’Ichijoji. Si l’école a disparu avec sa mort, il existe cependant encore des Kata à deux sabres transmis par le kenjutsu au cours des siècles suivants. Le Hyoho Niten Ichi-Ryu prétend cependant aujoud’hui transmettre la technique de Musashi.

LA RECHERCHE DE LA VOIE ULTIME

La peinture et la calligraphie :


Parallèlement à la Voie du sabre, Miyamoto Musashi pratiquait avec assiduité la peinture et la calligraphie, dont on garde de nombreuses œuvres aujourd’hui encore. Dans le style Suiboku, inspiré par les peintres des dynasties Song et Yuan, il peignit de nombreux paysages, oiseaux ou autres animaux et aussi Daruma (appelé bodhidharma en Chine, il est une représentation légendaire du bouddhisme). Des traits épurés et incisifs, quelques touches de couleurs caractérisent son école. Excellent calligraphe, il assimilait ces arts esthétiques à l’art du sabre, car tous permettaient d’atteindre une idée de perfection de l’esprit.

 

Le Gorin-no-Sho :

Le Livre des cinq roues est le texte écrit par Musashi au crépuscule de sa vie, alors qu’il s’était retiré dans la grotte Reigendo à partir de 1643. Ce traité sur la stratégie et la Voie du sabre est, par ses indications techniques comme par la profondeur de sa reflexion, le tout basé sur une expérience unique et incontestable, un classique de la littérature martiale. Musashi terminera son écrit quelques semaines avant sa mort, et le dédiera à son élève Terao Magonojo. Il est organisé en 5 chapitres portant les noms des 5 éléments :

     

  • Le livre de la Terre : Grandes lignes de sa stratégie, comparaison avec un charpentier.
  • Le livre de l’Eau : Comment se forger au combat sur le plan physique et spirituel (position de combat, vigileance de l’esprit, regard, le sabre long, le rythme en combat…).
  • Le livre du Feu : Tactique sur un champ de bataille (comment prendre l’initiative, étudier la topographie du lieu, placer le cri en combat, se mouvoir ou s’immobiliser…).
  • Le livre du Vent : Critique des autres écoles.
  • Le livre du Vide / du Ciel : Aboutissement de la technique de Musashi, où il conclut : « Choisissant le Vide comme Voie, vous verrez la Voie dans le Vide ».
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De ce traité peuvent s’extraire quelques dogmes comme :

1. Eviter toute pensée négative.
2. Trouver sa voie dans l’entraînement.
3. Tenter de pratiquer tous les arts.
4. Pratiquer différentes professions.
5. Savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose.
6. Développer sa capacité d’évaluation dans divers domaines.
7. Percevoir ce qui est invisible.
8. Faire attention aux plus petits détails.
9. Ne rien faire d’inutile.

AUJOURD’HUI

Miyamoto Musashi reste aujourd’hui le samourai le plus admiré et le plus connu internationalement, ses œuvres sont toujours exposées dans divers musées, et le Ghorin-no-Sho est édité dans le monde entier. Si vous avez l’occasion de partir au Japon, le 3 mai a lieu le Shimonoseki Straits Festival, dans la ville du même nom, préfecture de Yamaguchi. Ce festival présente entre autres un spectacle reconstituant le fameux duel Miyamoto Musashi contre Sasaki Kojiro. Sinon, il est possible de voir aujourd’hui la tombe de Miyamoto Musashi près de Reigan-Do à Kumamoto. Beaucoup de touristes viennent prendre des photos de la tombe de Miyamoto Musashi et poser devant une statue à son effigie.

Au XIXe siècle, Tsuruya Namboku IV, un des plus illustres auteurs de Kabuki, s’empare de l’histoire du duelliste qui subit la même métamorphose que les Cyrano, D’Artagnan… C’est cette pièce qui a vraisemblablement inspiré Yoshikawa Eiji pour son roman sorti chez nous en deux volumes, La Pierre et le Sabre et La Parfaite lumière. Le roman de Eiji Yoshikawa (1892-1962) est à ce jour l’œuvre littéraire japonaise la plus lue en France.

A son tour, la Toho s’empare de Musashi et lance une production de grand luxe qu’elle confie à Hiroshi Inagaki. Tournée en couleurs, cette trilogie formée de La légende de Musashi, Duel à Ichijoji et La Voie de la Lumière, reprend fidèlement l’oeuvre de Yoshikawa. La distribution est dominée par l’acteur fétiche de Kurosawa, Toshiro Mifune qui campe Musashi avec sa puissance et son charisme coutumier. La trilogie Musashi La Pierre & le Sabre a remporté l’Oscar 1956 du Meilleur Film Etranger. Véritable monument du cinéma nippon (elle lança la vague du film de sabre, le Chambara, au Japon) la trilogie de Musashi s’est contentée d’une sortie directe en vidéo en France.

Il y eu sept adaptations au cinéma du roman La Pierre et le Sabre ainsi que trois pour la télévision. Il fut également adapté de nombreuses fois au théâtre. Les adaptations cinématographiques les plus célèbres sont, avec celle de Hiroshi Inagaki, celle de Kenji Mizoguchi (1944) et de Tomi Uchida (1961-1965).

(source: www.escale-japon.com)

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